Après l’amiante, le risque sanitaire lié à l’exposition des travailleurs à la silice cristalline

Après l’amiante, le risque sanitaire lié à l’exposition des travailleurs à la silice cristalline

L’Assurance maladie vient de publier son rapport annuel « L’essentiel 2019, Santé et Sécurité au travail » avec la confirmation d’une hausse généralisée des accidents de travail et maladies professionnelles.
Cette année 2019 confirme particulièrement la hausse des pathologies en lien avec les troubles musculo-scelettiques (+ 2,3%), des affections psychiques d’origine professionnelle (+ 6%), mais surtout la progression significative de près de 14% des pathologies liées à la silice cristalline.
A l’instar des pathologies pulmonaires, la silice cristalline est en passe de détroner l’amiante dans la liste des CMR repérés en milieu professionnel.
CQFR – Ce qu’il faut retenir
Exposition
On estime à 365 000 le nombre de travailleurs exposés à la silice cristalline, particulièrement dans le BTP puisque présente dans de nombreux matériaux de construction.  À l’état naturel, la silice cristalline est présente dans de nombreuses roches (grès, granite, sable …). et donc dans de nombreux produits comme les bétons, les mortiers, les enduits de façade…
Règlementation
En tant qu’agent chimique dangereux, les règles générales de prévention spécifiques du risque chimique sont  à respecter conformément aux articles R. 4412-1 à R. 4412-57 du Code du Travail.
Des valeurs limites d’exposition professionnelle réglementaires (VLEP) sont fixées dans le Code du travail (article R. 4412-149) à hauteur de 0,1mg/m3.
Prévention
Dans le cadre de son obligation de sécurité, et pour éviter un risque sanitaire lié à l’exposition à la silice cristalline, l’employeur doit mettre en place un certains nombres de mesures en termes de prévention et de maitrise des expositions :
– Methode de travail, type travail humide
– Dispositif de captage des poussières
– appareils de protection respiratoire (EPI)
-Suivi médical et post-professionnel
Reconnaissance en maladie professionnelle
Comme les travailleurs de l’amiante, les salariés exposés à la silice cristalline sont susceptibles de d’obtenir la reconnaissance au titre de la législation professionnelle de leur pathologie, avec les conséquences que cela implique en matière de prise en charge, de faute inexcusable de l’employeur et de préjudice d’anxiété.
Le Code de la sécurité sociale prévoit que les personnes exposées à la silice cristalline susceptible de provoquer une maladie figurant au tableau 25 de maladie professionnelle peuvent demander à bénéficier d’un suivi post-professionnel après cessation de leur activité (article D. 461-23).